Le jour du mariage
C'est le deuxième jour. Le jour durant lequel la
mariée rejoindra sa nouvelle famille. Ce jour là, chez la famille du futur
mari, les personnes qui feront partie du cortège, on les appelle « iqfafen »,
se prépareront pour aller chez la famille de la mariée.
Lorsque le cortège atteindra la maison de la mariée, une parente du marié ira
aider la mariée à se préparer. Cette femme ne doit pas avoir eu son premier
enfant le mois du mariage. Cela risque de porter malheur a toutes les deux car
« elles connaissent toutes les deux un évènement heureux le mariage et la
naissance - le même mois ».
Cette parente du mari ira voir la mariée pour commencer le rituel de « asberber
» - habiller la mariée - Jadis, la future mariée portait le jour de leur
mariage « timleheft ». Celle ci a évolué pour être remplacée par « taksiwt ».
Elle portera aussi sur sa tête « tabniqt ». La femme déposera sur le visage de
la fille un foulard kabyle « amendil » ou « timehremt », afin de cacher son
visage. Il se trouve qu'à partir du moment où la jeune fille sort de la maison
familiale, personne ne doit voir le visage - les yeux - de la jeune mariée
avant son mari. Si non celui ou celle qui cherchera à la voir - en dehors de sa
famille bien sûr - tombera malade et risquerait même de mourir.
La parente du mari, ajoutera un tissu blanc qu'elle déposera sur les côtés du visage
de la mariée. Elle mettra aussi sur sa tête une belle ceinture « agus n lehrir
» - « akwerzi » -.
La mariée aura auparavant mis dans sa bouche un petit bout d'écorce d'un arbre
appelé « agusim » - « ljuz ». Cet arbre est appelé « tagusimt ». L'écorce est
utilisée par les femmes comme produit de beauté et pour blanchir les dents.
Les bijoux en argent
La mariée portera ses bijoux : les bracelets «
imecluxen » aux poignets, « ixelxalen » aux pieds - ils ressemblent aux
bracelets - et des broches « ibrac » sur la poitrine.
« Ixelxalen » seront portés sur d'autres bijoux pour les pieds appelés « rdif
». Ces derniers sont là pour protéger les jambes des femmes, car « ixelxalen »
sont des bijoux très lourds et ils peuvent blesser la femme qui les porte au niveau
du talus - « tawetzit ».
Elle portera aussi « tazlagt » au cou ainsi que « taqlat » - une chaîne de
clous de girofles - Autrefois, la mariée portait aussi sur son front un diadème
« taasabt ». De nos jours, le diadème étant très cher, il est remplacé par «
tafezimt » - une grosse broche ronde.
Une fois la mariée enfin prête, on lui mettra sur les épaules un burnous. Il y
a des villages où les mariées se parent de feuille de basilic, qui seront
déposées sur leur tête en forme de couronne. Elle emportera aussi quelques
feuilles de basilic dans sa main. Durant tout ce rituel, la femme qui aidera la
mariée a s'habiller chantera.
La mariée vers sa nouvelle demeure: Lorsque la mariée sortira de chez elle,
c'est son père qui lui donnera à boire sa dernière gorgée d'eau.La mariée vers
sa nouvelle demeure Lorsque la mariée sortira de chez elle, c'est son père qui
lui donnera à boire sa dernière gorgée d'eau. Avant que le cortège quitte vers
la maison du futur mari, la mère de la mariée demandera à une parente en qui
elle a entièrement confiance, de jeter un peu d'eau de mer aux pieds de sa
fille, lorsque celle ci sortira de la maison paternelle. On croie encore de nos
jours, que l'eau de mer possède beaucoup de bien fait. Elle efface entre autre
toute trace de magie noire, car on dit souvent que tout ce qu'on jette a la
mer, elle le dévore.
Dans certains villages kabyles, les jeunes filles qui ne sont pas encore
mariées ne doivent pas se tenir sur le chemin qu'empruntera la mariée en
sortant de chez elle. Cela peut leur porter malheur et elles risquent de ne
jamais se marier.
Dans certaines régions de la Kabylie, la mère n'accompagne pas sa fille mariée
le jour du mariage. Elle attendra le septième jour pour aller lui rendre
visite.